Les 4 accords Acid

Depuis un moment ma plume titille l’hémisphère droit de mon cerveau et mon stylo tente désespérément de communiquer ou plutôt de communier avec mes mains.
Une envie de reprendre du service.
D’écrire, d’écrire, d’écrire et de ne plus jamais m’arrêter.
Mais la volonté est aussi grande que l’incapacité. L’inspiration aussi vide et profonde que les abysses.
Je n’ai rien posté par ici depuis le premier confinement.


Confinement : nom masculin, désignant un enfermement réglementé de façon discutable ; causé par une pandémie (imaginaire pour certain) et impliquant une amende bien trop conséquente en cas de transgression.

Je crois qu’on a perdu beaucoup de gens depuis cet événement. Et je ne parle pas de pertes physiques même si c’est également le cas, mais plutôt de pertes psychiques voire psychologiques.
Pour ma part j’ai depuis l’impression d’être dans une capsule spatio-temporelle et que tout le monde m’y aurait oublié.
Que personne ne viendra plus me chercher.
Jamais.
C’est étrange. Reposant et flippant en même temps.
Où hier j’avais des envies de grandeur, de développement personnel, culturel ou artistique ; aujourd’hui je suis juste.
Juste ici.
Juste là.
Juste moi.
Et c’est bien là où je veux en venir.


Récemment l’une d’entre vous m’a judicieusement demandée si « en 2021 il était obligatoire d’avoir un objectif de développement personnel pour survivre à cette crise ? »
Au début je me suis dit « putain la colle! »
Qu’est-ce que je fais ?
Je réponds comme un politico député véreux qui essaye de justifier la hausse de son salaire de 15% par temps de crise en expliquant des frais postaux toujours plus conséquents ? En somme je réponds de la merde ?
Ou devrais-je écrire un article sur les bienfaits de la procrastination même s’il me semble avoir déjà abordé le sujet.
Parler de bienveillance ? D’estime de soi ? D’indulgence ? Eurk ! D’autres s’en chargent et le font bien mieux que moi.
Concrètement si je devais répondre simplement à cette question digne d’un sujet du BAC L option philo (oui je sais ça n’existe plus ; mais génération 80’s oblige !) ; la réponse serait : Non bien évidement !
Et si je devais développer davantage la réponse ? Et bien ce serait : euuuuuh non !


Bon sans rire je sais que cette pandémie a remis le compteur à zéro pour beaucoup.
Les cartes du monde ont comme qui dirait été redistribuées.
C’est comme ci une nouvelle manche se jouait et qu’on avait la chance, l’opportunité, non le devoir cette fois-ci d’en sortir vainqueur.
Pour une partie de la population ce serait une Victoire commune et grandiose avec à la clef la Paix sur une Terre aux tendances climatiques ni trop chaudes ni trop froides ; un air doux de « comme ci comme ça » où on ferait des grands pique-niques vegan au milieu d’animaux autrefois en voie de disparition.
Pour d’autres ce serait l’occasion de repenser toute sa vie à grand renfort d’actions révolutionnaires personnelles :

  • ne plus acheter de plastique,
  • créer des tutos sport « cardio legday » à destination des unijambistes,
  • adopter l’écriture inclusive dans ses courriers administratifs,
  • apprendre le néo-zélandais,
  • monter un projet pour remettre la coupe au bol au goût du jour

Beaucoup rivalise d’imagination et d’ambition pour se donner un nouvel objectif de vie.
Pour moi, c’est comme les résolutions du 1er janvier.
Beaucoup d’efforts à se convaincre mais à l’arrivée ; est-ce vraiment tenable ?
En vrai, je crois que tout le monde essaye juste de survivre de façon originale à cette crise à laquelle personne ne nous avait préparé. Chacun tente de garder le cap comme il peut en se créant sa petite bulle d’air frais qui va le maintenir en vie jusqu’à ce que…


Mais si survivre ou tout simplement vivre pour vous c’est réussir à mettre tous les jours un pas devant l’autre, sentir l’odeur matinale de vos enfants, rester sur vos acquis, regarder pour la 4ème fois consécutive l’intégrale de « Dawson’s Creek » sur Netflix, avoir comme leitmotiv « métro boulot dodo », ne jamais regarder les infos, adopter la politique de l’autruche et un hamster par la même occasion…
Bah vous savez quoi ?
C’est ok aussi !
C’est ok de ne pas signer la pétition pour limiter la propagation des coccinelles, c’est ok de ne pas savoir ce qu’est un MOOC en 2021, c’est ok de n’avoir jamais lu les « 4 Accords Toltèques », c’est ok de s’endormir pendant une séance de yoga.
Et vous savez pourquoi ?
Parce que le principal c’est d’être en paix avec soi même et ses désirs à très court terme parce qu’honnêtement quand je réfléchis je crois qu’on va tous bientôt crever !


Allez, je vous aime, Paix sur vous mes petites beautés acides.
Bisous bisous !

Bonjour Bonheur

Hier soir j’ai eu un date! Un rendez-vous si vous préférez! Youhou !
Ça faisait tellement longtemps que ça ne m’était pas arrivé ! J’avais presque oublié l’effet que ça faisait !
Tout ce processus…
La rencontre.
L’attente fébrile devant le téléphone. « Sonne téléphone, sonne »!
Et puis on se demande si le crush se concrétisera avec le temps. Bon, au vu des différents messages, il me plaîsait toujours autant et visiblement il avait à cœur de me séduire.
J’étais pressée de le voir. De le revoir.
Puis le texto tant désiré. La notif qui clignote, la confirmation de notre prochain rdv.
Yes!
Enfin!
J’avais prévu une petite journée de ravalement « pré tête à tête » dont seul les femmes en ont le secret.
Masque capillaire aux huiles essentielles, shampooing détoxifiant, bigoudis pour des locks brillantes et bouclées, soin du visage pour une peau souple et douce à caresser, un gommage aux lèvres pour avoir un sourire juvénile à croquer, des ongles manucurés pour de jolies mains affûtées qui applaudiront toute la soirée son sens de l’humour piquant. Il avait bien compris le dicton et s’employait à me faire rire dès qu’il le pouvait. J’avais prévu d’arriver un peu avant lui et de me commander un verre de vin pour me détendre et me donner des airs de grandes dames qui s’assument.
Mais forcément , rien ne s’est passé comme je l’avais prévu.
Merci la flemme et le « je ferai ça plus tard » parce que le plus tard bien souvent c’est toujours trop tard. Alors c’est sur des cheveux sales et rempli de sel de mer que j’ai entrepris de faire des boucles et c’est sur une peau fatiguée et bronzée que j’ai étalé une poudre deux tons trop claire. J’ai mis une chemise parfaitement repassée à l’aide de mes mains fraîchement vernies ça a donné des ongles à trous et une chemise zébrée à 3 couleurs.
Trop tard pour que je me change j’étais déjà bien à la bourre.
Et il m’avait bien fait comprendre que c’était ce soir ou jamais.
Pas le temps non plus pour mon petit blanc fruité légèrement sucré en terrasse, à la place j’arrivais dégoulinante et haletante.
J’avais l’air d’une folle hirsute et hystérique.
Il m’avait donné rdv dans un petit boui-boui sombre à République. Je connaissais ce lieu. Je passais souvent devant sans vraiment y prêter attention. Ce soir, il y avait une queue monstre. Je n’avais pas compris que cet endroit était si select. Je poussais la porte et fut surprise par l’endroit.
Très sombre. Lumière bleutée. Un mec tout sourire vient à ma rencontre , prends mon nom et m’amène directement à ma chaise. Jamais je n’avais vu pareil accueil. Il y avait du monde et je me demandais comment nous allions réussir à nous entendre. Un brouhaha monstre et j’avais envie de boire ses paroles. Toutes. De n’en perdre aucunes miettes. Parce que oui j’avais bien l’intention d’être séduite et qu’il réponde à toutes mes attentes.Lire la suite »

Coup de fil à mon pire détracteur

Parce qu’il est impossible de faire l’unanimité.
J’ai décidé cette fois de mettre à l’honneur mon ennemi juré.
Celui qui, caché, tapi dans un coin est prêt à médire et me critiquer dès que l’occasion lui en est donné.
Aujourd’hui c’est à toi que je m’adresse.
Inutile de te nommer, je sais que tu me lis, je sais que tu m’écoutes et que tu épies chacun de mes gestes.

Longtemps tu t’es fait passer pour mon ami. Mon confident.
Toi qui au final n’as jamais eu confiance en moi.
Toi qui n’as fait que me rabaisser, m’obligeant à me tenir à distance des miroirs pour éviter de me confronter à mon propre reflet.
Tu as toujours pointé mes défauts en riant à gorge déployée.
Aujourd’hui, je vais t’appeler et j’espère que tu vas bien écouter parce que j’ai beaucoup de choses à te dire…Lire la suite »

Don’t touch my Afro!

Moi j’ai pas d’afro, mais ce n’est pas une raison pour toucher à mes cheveux.
Ni à ma couleur.
Ni à mes origines d’ailleurs.
Ça sonne un peu comme un slogan ou comme une soudaine prise de conscience, mais pas vraiment. Depuis petite j’ai bien intégré mes différences. Ce que je n’ai toujours pas intégré par contre, ce sont toutes ces interrogations, ces affirmations qu’elles génèrent auprès des « autres » si l’on peut les appeler ainsi. Cette bêtise dont certains font preuve face à l’inconnu. Ce n’est pas toujours du racisme, c’est bien plus souvent de l’ignorance.

Adjectif: Ignare, comme ce jeune garçon rencontré il y a quelques années maintenant.
Rendez-vous dans une petite pizzeria de quartier.
Commence alors le jeu de la découverte, de la séduction ; passage obligé pour entamer n’importe quel type de relation. Qui est qui, valse de questions réponses, on se laisse aller à quelques confidences. Un climat de confiance s’installe rapidement entre nous et c’est complètement détendu et serein qu’il me demande de lui avouer un secret… Le Secret.

Il s’agite, tient en équilibre sur le bout de sa chaise, excité comme si j’allais lui révéler la recette secrète de la fabrication du Coca-Cola. Ses pupilles dilatées s’excitent dans ses orbites et il me lâche sans pression:
– Bon alors entre nous, tu peux me dire la vérité…finalement; y a aucune renoi qui a de jolis cheveux en vrai?
Whaaaaou…
Passé l’étonnement, un vide abyssal et intemporel s’est logé dans mon lobe frontal. Je ne sais combien de temps au juste je suis restée stoïque à le regarder avec ce petit rictus de femme enragée prête à lui percer l’œil avec ma fourchette encore mouillée de sauce tomate et d’huile pimentée.
Pour ne pas voir clairement qu’il venait de dire une « énorme-énormité » bien plus grosse que lui, il méritait de ne plus voir du tout pour la peine!

Le pizzaiolo ayant suivi la scène depuis son comptoir, n’était visiblement pas du même avis. Sûrement pour éviter une esclandre et le fait divers dans son restaurant trop peu remplit, il me regardait avec des yeux implorants. J’arrivais à lire sur ses lèvres:
– Put this fourchette on the table please. Slowly, slowly.
On aurait dit Bruce Willis en train de désamorcer une bombe.
Alors j’ai capitulé, recouvert mes esprits ainsi que la fourchette vengeresse de ma serviette de table pour éviter d’autres éventuelles tentations.
Je l’ai regardé en souriant. Calmement et en articulant plus que de raison je lui ai dit:
– Je ne comprends pas ta question.
N’ayant pas réellement saisi que je lui offrais l’opportunité de se ressaisir, Mr Ignare appelons le comme ça réitère une nouvelle fois sa question déplacée, malvenue, idiote, offensante, débile (choisissez, ça peut-être tout ça à la fois).
– Donc si je comprends bien, tu estimes que les Noires n’ont pas naturellement de beaux cheveux c’est bien ça? Que pour toi, la définition d’un beau cheveux serait en résumé le cheveux d’une occidentale, c’est exact?
Se rendant enfin compte de son absurdité, Mr Ignare bégaie, tente de s’expliquer, de se justifier, de se dédouaner, j’entends le mot « perruque », j’entends « crinière », je perçois l’adjectif « sauvage », j’entends « Beyoncé ». Il tente une blague…bref.
Je ne l’écoutais déjà plus.


Inutile d’envisager quoique ce soit avec quelqu’un qui serait dégouté de passer sa main dans mes cheveux noueux.
Hors de question d’opter pour l’épilation intégrale juste pour l’épargner de ma toison crépue.
Et au delà de tout ça, comment pourra-t-il aider notre future fille à s’assumer et s’aimer? À supporter les railleries de ses camarades -nées de parents aussi incultes que lui- quand ils lui jetteront à la face qu’elle a des cheveux qui ressemblent à des poils de couilles?
Quelle attitude adoptera t-il quand bloqué avec nous dans l’ascenseur la petite mamie du 3ème touchera sans y avoir été invité les cheveux de notre fils et dira le plus naïvement du monde en regardant son caniche:
– Oh lala, il a les cheveux aussi doux que les poils de mon chien j’aurai pas crû! Hein oui ma Poupoune?
J’étais obligé de mettre un terme à cette relation qui n’avait même pas encore commencé.
Je ferai bien rire mes copines quand je leur annoncerai  » nan lui et moi ça pourra pas coller! Pour faire court les filles, il n’aime pas la texture de mes poils pubiens »!

Certains diront que j’aurai pu lui apprendre. Mais on apprend pas à faire de la corde à sauter à un manchot!
C’est fou, aujourd’hui on laisse les gens dire tout et n’importe quoi sous couvert de la liberté d’expression .
C’est beau la liberté!
Elle permet à Bérénice de déclarer haut et fort qu’elle ne veut pas être Noire comme sa voisine Aglaé on ne comprend pas bien pourquoi, ni même l’objet et le bien fondé de ce bouquin pour enfant.
Elle donne le droit à Eric Zeymour de fustiger sur la place publique n’importe quelle personne qui aura eu l’indécence de s’appeler Akoua, Radija ou Faudé.
Elle autorise à bord d’un avion de dire à n’importe quel étranger qu’il est une sous merde et exiger de lui qu’il aille s’asseoir ailleurs sans crainte de se faire débarquer.
Tous ces évènements datent de quelques mois à peine. Rosa Parks a dû se retourner dans sa tombe, se réveiller et mourir une deuxième fois! Tant de chemin parcouru depuis et on en est quasi au même stade. Que peut-on faire? Que doit-on faire pour élever les mentalités? Lever le poing au ciel comme l’ont fait nos prédécesseurs ou taper du point sur la table?

Touche pas à mon afro bordel!
Touche pas à mon identité!
Touche pas à ma susceptibilité!
Touche pas à ma sensibilité!
C’est pas compliqué pourtant de ne pas rentrer là où l’on n’a pas été invité!

Béret Primark
Boucles d’oreilles Mango
Sweat Mozuri
Combinaison Zara Homme
Chaussettes H&M
Chaussures Mango

9,7%

Vous la connaissez vous aussi cette sensation?
Celle du manque d’air, comme si l’on était vingt mille lieux sous les mers alors qu’on a les pieds bien ancrés sur Terre?
Cette impression dérangeante que notre cœur est pris dans un étau et qu’à chaque battement il se resserre un peu plus. Il menace à tout moment d’exploser et d’imploser en même temps.
Vous allez me dire:
– Bah bien sûr que oui! Tu crois que tu es la première à avoir souffert en amour? T’es pas la seule cocotte!
Sauf que là je ne parle pas d’amour ou de désamour.
Ou si finalement… Je parle de cette relation charnelle, conflictuelle et passionnelle que tu entretiens avec ton taf!
On n’assume pas toujours cette souffrance, ce malmenage au risque de passer pour un faible. Ce serait admettre que l’on a pas les épaules suffisamment larges ou l’instinct de winner assez développé pour encaisser les coups bats de sa boîte. Et si par malheur la dépression ou le burn-out venaient à arriver ce serait l’enterrement social assuré.
Malheureusement et sans être fataliste; tous on y fera face tôt ou tard dans notre vie professionnelle. Il s’agira alors de prendre les bonnes décisions si tant est qu’il y a en réellement de bonnes à prendre. Partir? Rester? Endurer? Encaisser? Se rebeller?
Très vite tu ressasses et tu manques de souffle.
Il en va de ton salut. De ta santé mentale qui déteint souvent sur celle physique.

Et puis un jour, on décide de tout arrêter. Abandon pour certain, courage pour d’autres.
Quoiqu’il en soit je viens aujourd’hui gonfler les rangs. Malgré la baisse de 1,1% , je fais tout de même partie de ces 9,7% de chômeurs qui font mal à la France. Je fais partie de ces 3,676 millions de personnes qui touchent les allocs. Enfin je suppose que je les toucherai bien un jour. Montant des indemnités, délai de carence…c’est pas bien clair tout ça!!!
Il y a moins d’un mois, j’étais complètement ignorante de tous ces chiffres et surtout très insouciante. Moins depuis que je suis un des vers qui pourrissent la pomme, de ses fainéants qui tirent son pays vers le bas.
Je suis la profiteuse qui se repaît de vos charges.
Je suis de ceux qui font baisser le pouvoir d’achat.
Est-ce que je culpabilise ? Pas encore! Pas de pression. Comme beaucoup font malgré eux. Ils reportent leurs angoisses sur nous, nous transmettent leurs peurs avec tous leurs précieux conseils.
– Tu cherches? T’as trouvé ? Tu vas faire quoi? T’as des pistes? Des idées? Des contacts? Ne reste surtout pas sans rien faire! T’as refait ton CV? Reste active sur Viadeo! Non mais Viadeo c’est mort, faut qu’elle soit sur LinkedIn….
Stoooooooooop!
Laissez moi le temps. Laissez moi encaisser. Laissez moi réaliser. Laissez moi me consoler. Laissez moi me convaincre que j’ai pris la meilleure décision pour moi. Que tout ira bien. La pensée positive. Toujours celle ci. Celle qui est sensée te tirer vers le haut, qui t’empêche de sombrer, de zoner, de squatter. Tu finis par te persuader que rien arrive par hasard. Que c’est un mal pour un bien. Que cela te permettra de faire une pause, de lever le pied et de prendre enfin du temps pour toi. Tu pourras réfléchir à ce que tu voulais vraiment faire.
Alors apprécie aujourd’hui de marcher au soleil en redécouvrant Paris, parce que peut-être au fond tu as envie de devenir guide touristique ? Prends le temps de tester de nouveaux restaurants, tu pourrais devenir critique culinaire? Participe à des ateliers d’écriture. N’as-tu jamais voulu devenir romancière?
Sauf que moi j’aimais déjà passionnément mon métier. Sauf que moi j’aimais courir à droite à gauche toute la semaine et m’endormir une fourchette à la bouche pendant les repas familiaux. J’aimais que ma famille me regarde attendrie en disant « la pauvre elle travaille trop », j’aimais être une femme active et me plaindre de ne pas avoir assez de temps.
Et là du temps j’en ai. Théoriquement deux ans avant que les Assedic ne me rayent de leur liste. J’ai deux ans pour trouver une autre bonne raison de me lever tous les matins. Mais j’ai aussi deux ans pour faire tous les musées presque gratuitement, deux ans pour voyager à prix réduits, deux ans pour enfin avoir de jolies mains manucurées, deux ans pour faire des grasses mat’ et des siestes si je veux les deux dans la même journée. Deux ans pour envisager de nouvelles formations, deux ans pour être plus disponible pour les autres, deux ans pour rattraper tout mon retard sur Netflix, …
Le programme est plutôt alléchant finalement, pourquoi n’y avais-je pas pensé avant?

Bob Adidas
Bombers Monki
Chemise Fripes
Soutien-gorge H&M
Pantalon Zara Homme
Chaussures Dr Martens


Crédit photo Damien Paillard, n’hésitez pas à cliquer et aller voir son travail.

Classe mannequin

Ça y est je l’ai fait!!! Moi aussi j’en suis!
Séance photo, projo, assistant lumière, maquilleuse, Dj…la totale!
Un rêve de gosse.
Enfin; pas vraiment en fait.
Moi je préférai de loin être derrière l’objectif. Peut-être qu’inconsciemment je m’étais déjà fait une raison. Petite fille réaliste. Trop petite, trop ronde, et surtout trop noire et trop crépue! Pas assez Grace Jones et encore moins Naomie. A l’époque, le quota était déjà saturé à raison d’1 noire grand max par agence!
Petite, on n’en a pas réellement conscience, alors on se contente de feuilleter les pages modes en imaginant leur vie de folie mais regrettant surtout de ne pouvoir s’identifier davantage.
On commande la Barbie noire Benetton pour Noël et on est la petite fille la plus heureuse du quartier en ouvrant son paquet cadeau. Avoir enfin une poupée tout aussi belle que les autres, qui a la même couleur que nous et qui peut envisager un avenir ensoleillé avec Ken. Ken blanc j’entends bien, Mattel n’était pas encore prêt pour la diversité. Il y avait tout de même une petite incohérence capilaire mais on avait deja fait un pas.
Et des pas on en a fait d’autres depuis, des tous petits certes, mais les choses avancent.
Doucement.

 
Je ne suis pas connaisseuse du milieu de la mode mais suffisamment observatrice pour constater que les codes changent. Depuis que l’on parle de « gueule » et non plus de beauté type, nous avons un peu plus de légitimité à être là. Le paysage évolue, mais pas suffisamment vite. Et Cindy Babin mannequin métissée qui monte; pour le vivre tous les jours en parle admirablement bien sur son blog Ayika’a qui fête d’ailleurs ses un an aujourd’hui.
Elle évoque la difficulté d’être une femme métisse, d’être une femme noire sur les catwalks et dans le monde de la mode et partout ailleurs; et par extension elle cherche à imposer les différences et la diversité en passant par l’acceptation de soi et bien évidemment celle des autres.

Un jour, elle a frappé à la porte de mon compte Insta et j’ai d’abord cru à une blague. Sûrement s’était elle trompée de profil! Erreur de casting! Puis elle m’a parlé de son projet; il collait tellement bien à mes convictions, que je pouvais difficilement refuser.

Finalement l’exercice s’est révélé bien plus ardu que je ne le pensais. N’est pas Alek Wek qui veut!
Jouer avec l’objectif , jouer avec la lumière, baisser le menton, lever le regard, sourire avec les yeux, se détendre malgré les regards braqués sur soi, oublier toutes formes d’inhibitions, mettre sa timidite de côté (oui oui, je suis timide!) ,prendre des poses langoureuses… Ce n’est pas l’apanage de tous.
Pas le mien en tout cas.
Mais j’ai essayé; vraiment. Du mieux que j’ai pu!

Boucles d’oreilles Mango
Salopette Friperie
Chemise Zara
Ceinture DIY
Chaussettes H&M
Chaussures Irregular Choice

Family portrait

Attention mesdemoiselles, mesdames et messieurs, on entame à présent l’ère africaine!
Et quand je parle d’ère; je ne parle pas d’entonner cet air éphémère. Celui que l’on joue à toutes les saisons sous les traits de wax bariolés et chatoyants. Celui résolument tendance qui tous les étés confère un petit refrain d’exotisme et de bonne mine à qui l’arborera.
Non je parle de l’Afrique, la vraie. La maison mère, le berceau. 
Flotte au dessus de nos têtes comme un sentiment d’appartenance et de revendication.
Bien au-delà du mouvement « nappy » nombreux sont ceux désireux de revenir aux sources. Nombreux sont ceux qui ont à cœur de montrer que le Noir existe en tant que tel. Que le Noir est grand, que le Noir peu rugir, que le Noir est un king. Indéniablement en réaction à tous les sujets qui ont fait couler beaucoup d’encre ces dernières années et depuis la nuit des temps. Au hasard, H&M qui aura ou viré ou augmenté son chargé de com pour ce coup de pub mondial, Griezmann qui réfléchira dorénavant par 2 fois avant de se déguiser, Gala qui titrait à l’égard des tenues traditionnelles que portait le haut commissaire du Swaziland « un peu de tenue, ce n’est pas mardi gras » et j’en passe… Face à ces déferlantes, les opinions se divisent, parfois même au sein d’une même communauté. Mais s’il y avait bien un endroit où les avis convergeaient, c’était bien à l’exposition de Malick Sidibé.
Le drapeau blanc était de rigueur et mon boubou de sorti. 

Je ne suis pas ce genre de blogueuse influente qui va en avant première des lieux les plus branchouilles pour donner envie d’y aller.  
Je ne suis pas non plus une suiveuse; mais je me devais de la voir.  
Alors c’est à la dernière minute que ce dimanche 25 février j’ai empoigné un bout de ma famille à la Fondation Cartier, pour aller à la découverte des photos entraînantes de Malick Sidibé. Entraînantes parce que rien qu’en les regardant on peut encore entendre les musiques endiablées sur lesquelles ces sujets dansent, on peut ressentir sur chacun de ces clichés le crépitement du flash et la chaleur ambiante du Mali.
J’ai l’impression de me perdre dans les albums photos de mes parents. Cette joie de vivre qui leur était propre. Une fausse innocence qu’ils avaient déjà perdu pour avoir vécu tant de choses terribles à leur âge. Et pourtant, ils avaient l’air si heureux.
Qu’est-il arrivé à notre jeunesse pour être si triste, dépressif et désabusé?
Je déambule dans les allées pour ne louper aucun détails, des vêtements, aux poses, en passant par les coiffures. Comme de nombreuses photos de famille. Je me sens à la maison. Je vois les yeux de ma mère s’écarquiller et faire appel à ses souvenirs enfouis. Du coin de l’œil je la vois sourire. Animée par une nostalgie positive et une excitation juvénile en me racontant sa jeunesse que déjà mille fois j’ai entendu et que pourtant je ne me lasse de réécouter.

Et puis quelque fois j’entends certains commentaires « oh c’est drôle son habit ».
Drôle? Ce n’est pas le terme que j’aurai choisi mais je ne peux presque pas leur en vouloir. L’ignorance est-elle condamnable? Aujourd’hui on ne sait plus vraiment ce que l’on peut dire ou ce qu’il est tolérable d’entendre.
Plus d’une fois au cours de ma visite on m’aura regardé, pris en photo sans me demander mon avis et dit à quel point nous étions beaux ma famille et moi. Alors? Où est le problème me direz-vous ? Mais la vraie question est plutôt: dois-je être vexée ou me sentir flattée ? Est-ce que dans un lieu comme celui-ci je suis plus légitime de porter un boubou que dans le métro ? Pourquoi ne nous a-t-on encore jamais arrêté dans la rue pour nous dire ô combien notre famille était magnifique ? Ici je fais partie du folklore amusant et récréatif ; hors de ces murs je fais partie de la France que l’on voudrait cacher. Dois-je profiter de ce moment de gloire ou être triste que mon vêtement de tous les jours soit considéré comme un costume de bon augure pour ce genre de manifestation ? Vous commencez à me connaître…je préfère ne pas m’y attarder. Du moins pas pour le moment. Je voudrais juste continuer à en prendre pleins les yeux parce que je sais qu’au-delà cette exposition, ma famille, mon boubou et mes origines perdureront autant que l’œuvre de Malick Sidibé.

To be continued…

Lunettes Komono
Boucles d’oreilles Mango
Boubou direct du pays
Sweat H&M Homme
Jeans Lévis Homme
Sac H&M Divided
Baskets Nike Blazer

Be positive

Non, rassurez-vous je ne viens pas de rejoindre une secte.
Je ne suis pas là pour prêcher la bonne parole, encore moins donneuse de leçons.
J’ai toujours détesté de près ou de loin tout ce qui a attrait au développement personnel, au « moi intérieure » etc… Pour moi du charlatanisme en barre mais ça; ça n’engage vraiment que moi.
À ceux à qui ça parle, grand bien leur fasse. Je le respecte totalement!
Mais me concernant, je crois bien que le pire livre qu’il m’aura été donné de lire ces dernières années n’était même pas l’Assomoir d’Emile Zola; lecture imposée par Mme ville en classe de 3ème mais bel et bien « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une » que j’ai réellement eu en horreur.
Sirupeux et dégoulinant de mièvrerie.
Cul-cul à souhait.
Soupe au lait et d’une naïveté affligeante.
Je me serai sûrement bien plus éclatée à lire « 50 Nuances de Grey » en braille avec le bout des doigts tous brûlés!
C’est pas joli-joli de critiquer de la sorte mais soyons honnêtes, comme dirai notre regretté ami Jean-Pierre (*Coffe) ce livre… c’est d’la merde!
Je ne m’explique vraiment pas cette aversion. Mais nous faire croire qu’on peut retrouver la paix intérieure en rangeant ses étagères… Please!!!
Qu’il faut simplement vouloir pour avoir… Sérieusement?!
Qu’il suffirait juste de le décider pour y arriver? Mais…pourquoi n’y avais-je pas pensé plus tôt? Nous tous bande de loosers que nous sommes, pourquoi n’avoir pas programmé un grand ménage de printemps pour nettoyer toute la négativité et éloigner les échecs dans nos vies?
Plus jeune pourtant, j’adorais toutes ces questions philosophico-boudistes: » La conscience de soi est-elle une connaissance de soi? » Socrate, Nietzsche, Platon, la pensée positive qui attire le positif, le don de soi, l’abnégation…autant de préceptes et de théories qui permettent de garder le cap et de relativiser dans ce monde qui part à vau l’eau. Mais là j’avoue rester un peu perplexe. Pour autant ça ne fait pas de moi quelqu’un de négatif.

Mais alors qu’est-ce qui me fait aller bien? Ou mieux allez-vous me demander.
Et bien voyez vous je crois fort en la vertu des couleurs.
Oui je suis « colorophile ». Une théorie moderne qui consiste à penser que la couleur a une incidence sur l’état d’esprit, le mental et la santé. Que s’habiller en associant certaines couleurs entre elles agit sur sa destinée et que si elles se confondent avec notre environnement on prolonge nos chances de longevité.
Je vous assure c’est vachement bien!

Bon; et c’est surtout vachement faux!!!
Mais je suis sûre que c’est un concept qui peut se défendre. Vous verrez dans quelques années…

Non mais honnêtement et au risque de tous vous décevoir je n’ai pas de recettes miracles ou de mantra réparateur. Le simple fait d’être curieuse de Tout et surtout d’être entouré de personnes foncièrement bonnes suffit et ce n’est pas aussi facile que l’on pourrait le croire…

Boucles d’oreille H&M 
Pull H&M
Pantalon Bershka Homme
Chaussettes H&M
Baskets Reebok Instapump