Les 4 accords Acid

Depuis un moment ma plume titille l’hémisphère droit de mon cerveau et mon stylo tente désespérément de communiquer ou plutôt de communier avec mes mains.
Une envie de reprendre du service.
D’écrire, d’écrire, d’écrire et de ne plus jamais m’arrêter.
Mais la volonté est aussi grande que l’incapacité. L’inspiration aussi vide et profonde que les abysses.
Je n’ai rien posté par ici depuis le premier confinement.


Confinement : nom masculin, désignant un enfermement réglementé de façon discutable ; causé par une pandémie (imaginaire pour certain) et impliquant une amende bien trop conséquente en cas de transgression.

Je crois qu’on a perdu beaucoup de gens depuis cet événement. Et je ne parle pas de pertes physiques même si c’est également le cas, mais plutôt de pertes psychiques voire psychologiques.
Pour ma part j’ai depuis l’impression d’être dans une capsule spatio-temporelle et que tout le monde m’y aurait oublié.
Que personne ne viendra plus me chercher.
Jamais.
C’est étrange. Reposant et flippant en même temps.
Où hier j’avais des envies de grandeur, de développement personnel, culturel ou artistique ; aujourd’hui je suis juste.
Juste ici.
Juste là.
Juste moi.
Et c’est bien là où je veux en venir.


Récemment l’une d’entre vous m’a judicieusement demandée si « en 2021 il était obligatoire d’avoir un objectif de développement personnel pour survivre à cette crise ? »
Au début je me suis dit « putain la colle! »
Qu’est-ce que je fais ?
Je réponds comme un politico député véreux qui essaye de justifier la hausse de son salaire de 15% par temps de crise en expliquant des frais postaux toujours plus conséquents ? En somme je réponds de la merde ?
Ou devrais-je écrire un article sur les bienfaits de la procrastination même s’il me semble avoir déjà abordé le sujet.
Parler de bienveillance ? D’estime de soi ? D’indulgence ? Eurk ! D’autres s’en chargent et le font bien mieux que moi.
Concrètement si je devais répondre simplement à cette question digne d’un sujet du BAC L option philo (oui je sais ça n’existe plus ; mais génération 80’s oblige !) ; la réponse serait : Non bien évidement !
Et si je devais développer davantage la réponse ? Et bien ce serait : euuuuuh non !


Bon sans rire je sais que cette pandémie a remis le compteur à zéro pour beaucoup.
Les cartes du monde ont comme qui dirait été redistribuées.
C’est comme ci une nouvelle manche se jouait et qu’on avait la chance, l’opportunité, non le devoir cette fois-ci d’en sortir vainqueur.
Pour une partie de la population ce serait une Victoire commune et grandiose avec à la clef la Paix sur une Terre aux tendances climatiques ni trop chaudes ni trop froides ; un air doux de « comme ci comme ça » où on ferait des grands pique-niques vegan au milieu d’animaux autrefois en voie de disparition.
Pour d’autres ce serait l’occasion de repenser toute sa vie à grand renfort d’actions révolutionnaires personnelles :

  • ne plus acheter de plastique,
  • créer des tutos sport « cardio legday » à destination des unijambistes,
  • adopter l’écriture inclusive dans ses courriers administratifs,
  • apprendre le néo-zélandais,
  • monter un projet pour remettre la coupe au bol au goût du jour

Beaucoup rivalise d’imagination et d’ambition pour se donner un nouvel objectif de vie.
Pour moi, c’est comme les résolutions du 1er janvier.
Beaucoup d’efforts à se convaincre mais à l’arrivée ; est-ce vraiment tenable ?
En vrai, je crois que tout le monde essaye juste de survivre de façon originale à cette crise à laquelle personne ne nous avait préparé. Chacun tente de garder le cap comme il peut en se créant sa petite bulle d’air frais qui va le maintenir en vie jusqu’à ce que…


Mais si survivre ou tout simplement vivre pour vous c’est réussir à mettre tous les jours un pas devant l’autre, sentir l’odeur matinale de vos enfants, rester sur vos acquis, regarder pour la 4ème fois consécutive l’intégrale de « Dawson’s Creek » sur Netflix, avoir comme leitmotiv « métro boulot dodo », ne jamais regarder les infos, adopter la politique de l’autruche et un hamster par la même occasion…
Bah vous savez quoi ?
C’est ok aussi !
C’est ok de ne pas signer la pétition pour limiter la propagation des coccinelles, c’est ok de ne pas savoir ce qu’est un MOOC en 2021, c’est ok de n’avoir jamais lu les « 4 Accords Toltèques », c’est ok de s’endormir pendant une séance de yoga.
Et vous savez pourquoi ?
Parce que le principal c’est d’être en paix avec soi même et ses désirs à très court terme parce qu’honnêtement quand je réfléchis je crois qu’on va tous bientôt crever !


Allez, je vous aime, Paix sur vous mes petites beautés acides.
Bisous bisous !

Confidences d’une enfermée

Jours d’enfermement : ne compte plus.
C’est officiel, je ne veux jamais plus entendre les mots « confinement » et « challenge ».
Ça suffiiiiit! Assez!
Tous les détournements et les défis en tout genre pour passer le temps me mettent encore plus à cran.
Après avoir fait la maligne et m’être vantée de gérer plutôt bien la situation, après avoir criée sur tous les toits que j’étais une grande solitaire et après avoir chantée à qui voulait l’entendre que je n’étais pas gênée par cette retraite forcée, je me retrouve comme tout le monde face à moi… et moi même. Oscillant entre la joie, la peur, l’ennuie et la solitude en moins de deux secondes top chrono!
Je m’étais dit que ce serait cool d’écrire un petit journal de bord. L’idée n’était pas de concurrencer Anne Franck mais quand même… on est en train de vivre quelque chose d’historique que nos enfants étudieront plus tard en classe: « Cette période de confinement mondiale, après la peste noire, la grippe espagnole, la vache folle, le monde a dû faire face au pangolin malin! Ne vous fiez pas à sa tête toute mignonne, il a tué et rendu folle la population, les condamnant à rivaliser d’imagination et d’ingéniosité pour créer des live Insta tous claqués et des TikTok plus nuls les uns que les autres ».
Un truc de fou je vous dit. On vit un truc de fou !
Malheureusement, je n’étais pas la seule à y avoir pensé. Les 3/4 des gens ont eu cette même idée révolutionnaire. Le quart restant s’est mis en tête de faire des vidéos drôles ou pas le plus souvent. Mais qu’importe, j’avais un objectif journalier. Au bout de 3 jours à peine j’ai dû me rendre à l’évidence: j’étais déjà à cours d’actions.
Comme la douloureuse impression d’avoir été catapultée dans le film Un jour sans fin .
Les jours se succèdent et se ressemblent inlassablement:
1. Je me lève toujours trop tard,
2. Réseaux sociaux,
3. 16h !!! Je me rends compte que je n’ai mis aucun aliment dans ma bouche et que je ne me suis toujours pas douchée,
4. 18h. Je suis enfin propre et habillée en faisant l’impasse avec tout ce qui ressemble de près ou de loin à un soutien-gorge ou tout autre vêtement qui pourrait entraver mes postures de glande.
Le mot d’ordre c’est CONFORTABLE! Je suis à deux doigts d’aller faire mes courses en leggings et si ça continue comme ça je vais être capable de commander des ballerines sur AliExpress.
5. C’est approximativement vêtue et rassasiée que je retourne dans mon canapé pour élaborer mon planning du lendemain où j’ai des rêves de grandeur.
J’imagine alors un levé aux aurores, je commencerai par une séance de sport détox, suivi d’un petit plat aussi bon que beau parfait à instagramer. Je déciderai ensuite d’écrire de nombreux articles plus pertinents les uns que les autres, de reproduire des tutos maquillage pompés sur YouTube.

Oui c’est décidé demain je vais m’approprier l’adage : l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt!
Et le lendemain force est de constater que je n’ai vraisemblablement pas d’avenir. Aucun. Rien ne se profil à l’horizon.
Je me suis encore réveillée trop tard pour entendre le coq chanter, et avec le recul je me demande si lui aussi n’est pas lassé de tous ces matins identiques aux autres. Lassé comme tous ces gens qui ont cessés d’applaudir à leur fenêtre à 20h pétantes. Et oui, pour tout ceux qui se posent la question, quelqu’un autour de chez moi a bien un coq dans son jardin!
A quoi bon de toute façon ?
Depuis que Macron nous a alourdi notre peine, je ne vois pas la fin. On a écopé d’1 mois incompressible. Quel est l’intérêt d’adopter une bonne conduite si elle n’est pas gage d’une libération certaine?

Certes nous n’avons pas pris pour perpète mais j’ai entendu dire que si jamais il trouvait d’autres éléments à charge, l’enfermement serait prolongé! Supposition.
Le mieux est encore de relativiser. Cette histoire du verre à moitié plein. Plein de gratitude.
J’évolue dans une prison aux barreaux dorés. Possibilité de sorties, aucune visite il est vrai mais la cantine n’est pas dégueu.
Mon compagnon de cellule est plutôt cool dans ses bons jours vu que c’est moi!
Moi que j’essaye d’apprivoiser tous les jours un peu plus. On fait connaissance. Je la taille sur sa coupe de cheveux laissé à l’abandon, je lui donne de la force quand elle se sent un peu molle, un peu faible ou un peu seule.
On se marre bien quand même.
On fait des projets pour quand on sera libéré délivré.
On prie pour que tous nos proches restent en bonne santé.
On fait le ménage. Souvent. On a même nettoyé les fenêtres, si bien qu’un jour de désespoir j’ai failli faire le grand saut alors qu’elles étaient fermées. Trop propres.
On fait du tri aussi. Beaucoup de tri. Du tri de tout. Du tri de tous. On détruit les détritus. Des vêtements passés de mode et ceux dans lesquels on sait pertinemment qu’on ne rentrera plus jamais, on tri. Les photos, on jette. Idem pour les choses qu’on ne veut plus avoir dans nos vies. Celles qui nous bloquent, nous retardent ou nous font se sentir nulles.
Et puis vraiment quand c’est trop dur, qu’un verre de vin ne suffit pas et que la bouteille s’est finie trop vite, on use et on abuse des visios pour lire dans les yeux de nos proches à quel point ils nous aiment et qu’on leur manque.

Confinement – Jour 3

Je ne vous apprends rien en vous disant aujourd’hui que la France commence à céder à la panique la plus totale!
La faute à Covid-19 !
Au départ chacun d’entre nous prenait ça un peu à la rigolade. Ce n’était rien de plus qu’un mauvais rhume que les plus malchanceux pouvait attraper.
Une mascarade. Du pipi de chat.

Aujourd’hui c’est 7 732 personnes infectées et 175 personnes décédées dans l’hexagone et ça c’est pour ce que l’on veut bien nous dire.

Et avec cette hécatombe, les gens sont passés de l’indifférence complète à un degrés de panique tel qu’ils en arrivent à commettre des actes complètement déraisonnés.
Déraisonnables.
Vider les rayons d’huile, de pâtes et de papier toilette. De papier toilette ? Franchement? Mais pourquoi? Quel est le projet?
Donc c’est de ça dont l’Homme a foncièrement peur en cas de fin du Monde? Devoir aller se prendre une bonne douche pour se laver le cul s’il venait à manquer de Lotus?
Nan nan nan et nan!
Sans vouloir faire un article racoleur et flippant comme on en a vu passer des centaines ces derniers jours, j’ai juste envie de partager avec vous mes petites humeurs quotidiennes. Et moi ce qui me fait réellement flipper, ce n’est pas ce virus mais bel et bien l’Homme lui même et son non sens.
C’est l’Homme lui même dans son individualité qui brille de mille feu par son manque de civisme et de solidarité.

 

 

Extatique je regarde tout cela du haut de mon  mètre 65.
Au départ j’étais littéralement amusée. Excitée même.
J’avais l’impression de vivre un truc de fou et irréaliste. Un truc que je raconterai à mes enfants avant qu’ils aillent se coucher. A l’heure de l’histoire et juste avant de les border je leur raconterai fièrement que certes leurs ancêtres avaient subit l’esclavage, que oui leurs arrière-grands parents avaient bravé la guerre et que moi leur mère avait survécu au Coronavirus, la plus grande pandémie du siècle.
J’avais l’impression d’être un des personnages principaux de « The Walking Dead » et qu’il fallait que j’organise ma survie et celle de mes proches. Après tout, ne m’a t’on pas dit à plusieurs reprises que je ressemblais à Michonne? Je n’en suis toujours pas plus convaincue aujourd’hui, mais j’avoue que manier le katana comme elle le fait ne me déplairait pas en ces temps de crise!
Tu touches à mon PQ je te coupe la tête!

 

 

Mais plus les jours passent, plus la liste de morts se rallongent. Et tout d’un coup les choses deviennent bien plus réalistes.
Beaucoup on créé des groupes de résistance et vont pique-niquer sous le soleil naissant des Buttes Chaumont.
Mais pourquoi le français se croit-il si intelligent? Au dessus des lois et plus malins que n’importe qui?
J’appelle cela de l’insolence bien plus que de l’inconscience.
Avec ce genre de comportements, j’en viens même à me demander si au final j’aurai la chance et l’occasion d’avoir des enfants pour leur raconter cette triste épisode. Leur dire comment le lundi 16 mars 2020 à 20h nous étions 67 millions de français pendus aux lèvres du Président Macron. L’écoutant religieusement nous annoncer que nous étions en guerre et condamnés au confinement pour 15 jours minimum.

Une réelle punition pour certain. Une bénédiction pour d’autre. Rien de bien révolutionnaire pour moi. Parce que la solitude et le repli j’ai l’habitude. Rester chez moi à me promettre que dès le lendemain je ferais telle et telle chose alors qu’au final je n’aurai réussi qu’à prendre une douche, je suis experte en la matière.
Cette annonce ne change strictement rien à mon quotidien, j’ai juste une excuse toute trouvée pour m’adonner à ma passion préférée: la procrastination.
Mon démon.
Peut-être que c’est certainement ce fléau qui aura raison de moi finalement.
Alors, en attendant je vais acheter du PQ comme tout le monde; tout en profitant une dernière fois des tous premiers rayons de soleil avant de me confiner chez moi pour une durée réellement indéterminée.
Bon courage à tous et à très vite.

 


Bonnet Carhartt
Solaires Massada
Veste Levi’s
Sweat Zara
Robe Vintage
Sac Zara
Basket Converse
Papier Toilette Carrefour (y avait plus de Lotus)

 

Coup de fil à mon pire détracteur

Parce qu’il est impossible de faire l’unanimité.
J’ai décidé cette fois de mettre à l’honneur mon ennemi juré.
Celui qui, caché, tapi dans un coin est prêt à médire et me critiquer dès que l’occasion lui en est donné.
Aujourd’hui c’est à toi que je m’adresse.
Inutile de te nommer, je sais que tu me lis, je sais que tu m’écoutes et que tu épies chacun de mes gestes.

Longtemps tu t’es fait passer pour mon ami. Mon confident.
Toi qui au final n’as jamais eu confiance en moi.
Toi qui n’as fait que me rabaisser, m’obligeant à me tenir à distance des miroirs pour éviter de me confronter à mon propre reflet.
Tu as toujours pointé mes défauts en riant à gorge déployée.
Aujourd’hui, je vais t’appeler et j’espère que tu vas bien écouter parce que j’ai beaucoup de choses à te dire…Lire la suite »

Fatty Girl

Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé, mais il il y a quelques mois je me suis prise une grosse claque!
Une très grosse.
On m’a giflé. Fort!
Comme si quelqu’un avait réuni tous les kilos que j’avais en trop dans un sac de jute et qu’il m’avait frappé le visage avec!
J’étais sonné.
A terre. K.O .
Molle et rassasiée. J’avais perdu le combat.
Le combat contre mon pantalon. Misère, je ne rentrais plus dedans.
Mon pantalon rouge putain ! C’était « The pantalon ».
Vous savez, celui qui vous donne un capital confiance proche du ciel dès que vous le mettez?
Comme une cape de super héros vous avez l’impression d’être quelqu’un d’autre. Que rien ne peut vous arriver. Vous faites semblant de ne pas comprendre pourquoi on ne vous regarde plus dans les yeux alors que vous même si c’était physiquement possible vous passeriez votre temps à vous mater le cucul!

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Don’t touch my Afro!

Moi j’ai pas d’afro, mais ce n’est pas une raison pour toucher à mes cheveux.
Ni à ma couleur.
Ni à mes origines d’ailleurs.
Ça sonne un peu comme un slogan ou comme une soudaine prise de conscience, mais pas vraiment. Depuis petite j’ai bien intégré mes différences. Ce que je n’ai toujours pas intégré par contre, ce sont toutes ces interrogations, ces affirmations qu’elles génèrent auprès des « autres » si l’on peut les appeler ainsi. Cette bêtise dont certains font preuve face à l’inconnu. Ce n’est pas toujours du racisme, c’est bien plus souvent de l’ignorance.

Adjectif: Ignare, comme ce jeune garçon rencontré il y a quelques années maintenant.
Rendez-vous dans une petite pizzeria de quartier.
Commence alors le jeu de la découverte, de la séduction ; passage obligé pour entamer n’importe quel type de relation. Qui est qui, valse de questions réponses, on se laisse aller à quelques confidences. Un climat de confiance s’installe rapidement entre nous et c’est complètement détendu et serein qu’il me demande de lui avouer un secret… Le Secret.

Il s’agite, tient en équilibre sur le bout de sa chaise, excité comme si j’allais lui révéler la recette secrète de la fabrication du Coca-Cola. Ses pupilles dilatées s’excitent dans ses orbites et il me lâche sans pression:
– Bon alors entre nous, tu peux me dire la vérité…finalement; y a aucune renoi qui a de jolis cheveux en vrai?
Whaaaaou…
Passé l’étonnement, un vide abyssal et intemporel s’est logé dans mon lobe frontal. Je ne sais combien de temps au juste je suis restée stoïque à le regarder avec ce petit rictus de femme enragée prête à lui percer l’œil avec ma fourchette encore mouillée de sauce tomate et d’huile pimentée.
Pour ne pas voir clairement qu’il venait de dire une « énorme-énormité » bien plus grosse que lui, il méritait de ne plus voir du tout pour la peine!

Le pizzaiolo ayant suivi la scène depuis son comptoir, n’était visiblement pas du même avis. Sûrement pour éviter une esclandre et le fait divers dans son restaurant trop peu remplit, il me regardait avec des yeux implorants. J’arrivais à lire sur ses lèvres:
– Put this fourchette on the table please. Slowly, slowly.
On aurait dit Bruce Willis en train de désamorcer une bombe.
Alors j’ai capitulé, recouvert mes esprits ainsi que la fourchette vengeresse de ma serviette de table pour éviter d’autres éventuelles tentations.
Je l’ai regardé en souriant. Calmement et en articulant plus que de raison je lui ai dit:
– Je ne comprends pas ta question.
N’ayant pas réellement saisi que je lui offrais l’opportunité de se ressaisir, Mr Ignare appelons le comme ça réitère une nouvelle fois sa question déplacée, malvenue, idiote, offensante, débile (choisissez, ça peut-être tout ça à la fois).
– Donc si je comprends bien, tu estimes que les Noires n’ont pas naturellement de beaux cheveux c’est bien ça? Que pour toi, la définition d’un beau cheveux serait en résumé le cheveux d’une occidentale, c’est exact?
Se rendant enfin compte de son absurdité, Mr Ignare bégaie, tente de s’expliquer, de se justifier, de se dédouaner, j’entends le mot « perruque », j’entends « crinière », je perçois l’adjectif « sauvage », j’entends « Beyoncé ». Il tente une blague…bref.
Je ne l’écoutais déjà plus.


Inutile d’envisager quoique ce soit avec quelqu’un qui serait dégouté de passer sa main dans mes cheveux noueux.
Hors de question d’opter pour l’épilation intégrale juste pour l’épargner de ma toison crépue.
Et au delà de tout ça, comment pourra-t-il aider notre future fille à s’assumer et s’aimer? À supporter les railleries de ses camarades -nées de parents aussi incultes que lui- quand ils lui jetteront à la face qu’elle a des cheveux qui ressemblent à des poils de couilles?
Quelle attitude adoptera t-il quand bloqué avec nous dans l’ascenseur la petite mamie du 3ème touchera sans y avoir été invité les cheveux de notre fils et dira le plus naïvement du monde en regardant son caniche:
– Oh lala, il a les cheveux aussi doux que les poils de mon chien j’aurai pas crû! Hein oui ma Poupoune?
J’étais obligé de mettre un terme à cette relation qui n’avait même pas encore commencé.
Je ferai bien rire mes copines quand je leur annoncerai  » nan lui et moi ça pourra pas coller! Pour faire court les filles, il n’aime pas la texture de mes poils pubiens »!

Certains diront que j’aurai pu lui apprendre. Mais on apprend pas à faire de la corde à sauter à un manchot!
C’est fou, aujourd’hui on laisse les gens dire tout et n’importe quoi sous couvert de la liberté d’expression .
C’est beau la liberté!
Elle permet à Bérénice de déclarer haut et fort qu’elle ne veut pas être Noire comme sa voisine Aglaé on ne comprend pas bien pourquoi, ni même l’objet et le bien fondé de ce bouquin pour enfant.
Elle donne le droit à Eric Zeymour de fustiger sur la place publique n’importe quelle personne qui aura eu l’indécence de s’appeler Akoua, Radija ou Faudé.
Elle autorise à bord d’un avion de dire à n’importe quel étranger qu’il est une sous merde et exiger de lui qu’il aille s’asseoir ailleurs sans crainte de se faire débarquer.
Tous ces évènements datent de quelques mois à peine. Rosa Parks a dû se retourner dans sa tombe, se réveiller et mourir une deuxième fois! Tant de chemin parcouru depuis et on en est quasi au même stade. Que peut-on faire? Que doit-on faire pour élever les mentalités? Lever le poing au ciel comme l’ont fait nos prédécesseurs ou taper du point sur la table?

Touche pas à mon afro bordel!
Touche pas à mon identité!
Touche pas à ma susceptibilité!
Touche pas à ma sensibilité!
C’est pas compliqué pourtant de ne pas rentrer là où l’on n’a pas été invité!

Béret Primark
Boucles d’oreilles Mango
Sweat Mozuri
Combinaison Zara Homme
Chaussettes H&M
Chaussures Mango

Attitude

Ca peut être un lundi, un mardi ou un jeudi; qu’importe, il y a des jours où tu sors de chez toi persuadée d’être la réincarnation estéthique de Victoria Beckham mélangée à du Nicolas Ghesquière avec un soupçon de Virgil Abloh. Le style, la classe et l’originalité à l’état pur. A l’état brut. Une pépite de bon goût. Le sens du détail aiguisé; tu penses avoir fière allure.
Tu sais déjà en claquant la porte de chez toi, que tout le monde se retournera sur ton passage, enviant secrètement tes audaces modales.
Tu supposes que tous les coincés en tenue de bureau jalouseront ton talent, tes trouvailles et tes associations osées.
Tu imagines que même les blogueurs les plus côtés du moment te regarderont du coin de l’œil regrettant de ne pas avoir eu l’idée avant toi.

Des ressorts dans les semelles, tu sautilles gaiement et confiante d’avoir tant de goût vestimentaire.
Tu vas même jusqu’à te dire que ce don, bah c’est beaucoup trop pour une seule personne. Tu songes à en faire profiter plus de monde, tu veux tous les toucher de ton savoir, les sortir de leur ignorance et leur manque d’imagination stylistique…
Penser à une reconversion professionnelle…
Et si tu devenais conseillère en image? Styliste? Directeur artistique?
L’ego regonflé à bloc,
« Everybody dance now » en tête tu défiles sur le quai du métro encore mieux qu’un mannequin à la fashion week et tu prends la pose.

Tu défiles, tu flambes et tu arrives au boulot devant les yeux incrédules de ta collègue:
– Bah alors, t’as mis ton pantalon d’astronaute avec ton torchon de cuisine aujourd’hui? T’avais plus de vêtements propres ou quoi?
« Wtf » comme disent les jeunes déjà vieux?!
Emplie de doutes tout d’un coup, tu te demandes ce qui t’as pris et qui t’as laissé sortir comme ça? Visiblement tu ressemblais davantage à une femme qui aurait fait son contouring dans une salle de bain éclairée avec une ampoule à économie d’énergie qu’à un ange confiant défilant à un show de Victoria Secret!
Oui il y a des jours comme ça où nos associations coup de cœur seront des associations hasardeuses et assurément râtées pour d’autres. Mais est-ce une raison suffisante pour s’autocensurer?

La contrariété est à son paroxisme quand ta collègue rajoute fièrement:
– En plus t’as du rouge à lèvres sur les dents!
La journée s’annonçait longue, pénible et contrariante…mais au fond tu t’en fiche, parce que pour de vrai tu te trouves plutôt bien sapé quand même!

Headband Bijou traditionnel
Veste Zara
Sac H&M
Robe Zara
Robe Zara
Pantalon Monki
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Crédit photos RG photographe ou RG Photographe Officiel, n’hésitez pas à cliquer et aller voir son travail.

R.I.P l’été

L’été est bel et bien terminé.
Depuis le 23 septembre officiellement. Hormis la date beaucoup de signes trahissent déjà la fin des beaux jours.
Quand la nuit commence à tomber un peu plus vite, un peu plus tôt.
Quand les nectarines deviennent aussi acides que le moral des gens revenus malgré eux de leurs vacances.
Quand on sort en regrettant de ne pas avoir mis de collants sous sa jupe ou d’avoir glissé une « petite laine » dans son sac.
Quand ma sœur m’a donné une courgette de son potager pour que j’en fasse une soupe.
Quand tu te demandes si tu peux déjà allumer les radiateurs de la maison.
Tristesse.
Je crois bien que l’été est de loin ma saison préférée et j’ai le sentiment de n’avoir pu en profiter réellement.
Elle a filé à une vitesse folle. J’ai à peine eu le temps de cligner des yeux que tout était déjà fini. L’impression que chaque année il dure un peu moins longtemps.
Et pourtant… Un kiff!
Je ne crois pas être déjà parti en vacances pendant la période estivale. Par contraintes financières au début, puis par choix. Par sadisme ensuite; parce que partir quand tout le monde revient c’est plutôt jouissif. Enfin par pur chauvinisme et égoïsme parce quiconque a déjà fréquenté Paris au mois d’août par exemple sait que ça équivaudrait à un pain aux raisins sans les raisins, à Eurodisney sans enfants, à un régime raclette, crêpe au Nutella saupoudrée de Ben & Jerry’s « Strawberry cheescake » sans prendre un seul grammes. Autrement dit, c’est la trêve; le rêve absolu!

Paris au mois d’août; c’est un Paris sans les parisiens!
Paris au mois d’août; c’est comme un cinéma pour moi toute seule!
Une séance jouée à guichet fermé. Sans personne pour me juger parce que j’aurai pleuré devant « My girl ». Mourir à cause d’une vulgaire piqûre d’abeille, c’est hyper nul! Je pourrai laisser toute ma tristesse éclater devant « My sister’s keeper » en laissant mon nez couler, et crier haut et fort sur Mr Big parce que laisser tomber Carrie le jour de leur mariage c’est vraiment un coup bas! Je réagirai sans me contenir comme faisait ma grand-mère devant les épisodes d’Arabesque. Jessica Fletcher, c’était toute sa vie!
Ce serait une séance où les dialogues ne seraient pas couvert par des mains gourmandes plongeants dans un bac de popcorn sans fond; comme si elles cherchaient à éviter désespérément la célèbre boule noire du jeu Motus.
On n’entendrait pas non plus de bruits de mastication insupportables ou de déglutition étrangement résonnantes.
Mon dos ne serait pas labouré par des coup de pieds imaginaires. Vous avez remarqué, quand on se retourne pour râler bizarrement ce n’est jamais personne alors qu’il n’y a qu’un seul être maléfique rempli de spasmes derrière nous.
Oui Paris au mois d’août c’est beau, c’est le pied.
C’est un métro sans odeurs.
C’est une ville où tu ne fais pas une queue indécente pour aller bruncher à la Felicità ou dans un autre nouveau lieu devenu branché en moins d’une heure.
Paris au mois d’août c’est comme Zara privatisé le premier jour des soldes.

Paris au mois d’août c’est un Paris pleins de surprises et de promesses. C’est aussi un Paris annonciateur de la rentrée. La rentrée des classes, mais surtout celle des amis, des collègues qu’on aime bien; tous revenus de leurs vacances, chargés à bloc d’ondes positives et de souvenirs à partager.
Parce que finalement Paris sans personnes c’est cool, mais sans les potes ça n’a quand même pas la même saveur.

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Crédit photos RG photographe ou RG Photographe officiel , n’hésitez pas à cliquer et aller voir son travail.