Cake aux crevettes

Cake aux crevettes congelées depuis au moins 2 ans

Bienvenu pour une recette « fond de placard et fond de congélateur ».
Pratique quand aller faire ses courses est devenu une vraie aventure. Que dis-je ? Un parcours du combattant !
Entre l’attestation à remplir, le masque bientôt obligatoire, les gants, la queue à l’extérieur, les distances de sécurité à maintenir ou la pénurie de farine… J’avoue réfléchir à deux fois avant de me risquer dans un supermarché.
Et puis cette parano qu’on a tous développé malgré nous. Je vous vois, ne mentez pas.
La dernière fois je me suis surprise à sursauter quand un homme m’a demandé de me décaler pour récupérer le sachet d’haricots verts juste derrière moi. Je m’étais déjà imaginée une embuscade. Je le voyais me plaquer contre le rayon surgelé, m’enlever mon masque violemment pour me souffler le corona au visage.
Sueur froide.
Crise de panique.
Donc plutôt que d’essayer de calmer et raisonner ma psychose naissante, je préfère encore rester calfeutrée chez moi et faire tous les fonds de placards pour manger et ne sortir qu’en cas de réel besoin.
Et honnêtement il y a quand même pas mal d’effets positifs : économie, découverte et développement de l’imagination.
En cherchant bien dans le congèle j’ai trouvé un bac de glace à la vanille dans lequel ma mère avait mis du riz et de la sauce. Merci à toutes les mamans africaines pour ce genre de fausses joies.
En cherchant encore, j’ai mis la main sur un sachet de crevettes pleines de givre qui visiblement étaient là depuis un bon moment et ne demandaient qu’à prendre un peu l’air !

RECETTE:

Ingrédients :

Garniture:
Crevettes
Chair de crabe
1 Oignon
1 Gousse d’ail
Épices
Appareil à cake:
180 g de farine
3 œufs
10 cl de lait
10 cl d’huile de tournesol
1 sachet de levure chimique
Sauce:
2 c à soupe de crème fraîche
150 g de fromage à tartiner (type St Môret ou Philadelphia)
1 grosse c à café de wasabi en tube
Accompagnement:
Tagliatelle de carottes au cumin

Étape 1 :

  1. Après avoir laissé décongeler les crevettes, décortiquez les.
  2. Coupez les crevettes et la chair de crabe en dé.
  3. Faites les revenir avec un oignon et un ail préalablement émincés ( je préfère préciser !!! )

Étape 2 :

Pendant que la garniture rissole, préparer l’appareil à cake.

  1. Dans un saladier, battez les œufs, le lait et l’huile.
  2. Ajoutez la farine, le fromage ( gruyère, conté, mimolette, en gros tout ce que vous voulez ou qui vous passe sous la main ).

Étape 3 :

    1. Incorporez les crevettes et la chair de crabe à la préparation puis mélangez.
    2. Ajoutez la levure et assaisonnez (sel poivre, aneth, herbes fraîches…Faites preuve d’imagination !)
    3. Farinez votre moule à cake et versez l’appareil.
    4. Faites cuire 50 minutes dans un four préchauffé à 180° (th.6).

Pour sortir du cake de mamie trop sec et « étouffe chrétien » :

    1. Dans un bol, mélangez la crème fraîche et le fromage à tartiner.
    2. Ajoutez le wasabi.
    3. Quand le cake a refroidi (plus facile pour la découpe), découpez le en 2 et garnissez le de la préparation.
    4. Refermez le cake et servez avec des tagliatelles de carottes assaisonnées avec un filet d’huile d’olive, du citron et une pincée de cumin.

Bon ap’, vous m’en direz des nouvelles!

Confidences d’une enfermée

Jours d’enfermement : ne compte plus.
C’est officiel, je ne veux jamais plus entendre les mots « confinement » et « challenge ».
Ça suffiiiiit! Assez!
Tous les détournements et les défis en tout genre pour passer le temps me mettent encore plus à cran.
Après avoir fait la maligne et m’être vantée de gérer plutôt bien la situation, après avoir criée sur tous les toits que j’étais une grande solitaire et après avoir chantée à qui voulait l’entendre que je n’étais pas gênée par cette retraite forcée, je me retrouve comme tout le monde face à moi… et moi même. Oscillant entre la joie, la peur, l’ennuie et la solitude en moins de deux secondes top chrono!
Je m’étais dit que ce serait cool d’écrire un petit journal de bord. L’idée n’était pas de concurrencer Anne Franck mais quand même… on est en train de vivre quelque chose d’historique que nos enfants étudieront plus tard en classe: « Cette période de confinement mondiale, après la peste noire, la grippe espagnole, la vache folle, le monde a dû faire face au pangolin malin! Ne vous fiez pas à sa tête toute mignonne, il a tué et rendu folle la population, les condamnant à rivaliser d’imagination et d’ingéniosité pour créer des live Insta tous claqués et des TikTok plus nuls les uns que les autres ».
Un truc de fou je vous dit. On vit un truc de fou !
Malheureusement, je n’étais pas la seule à y avoir pensé. Les 3/4 des gens ont eu cette même idée révolutionnaire. Le quart restant s’est mis en tête de faire des vidéos drôles ou pas le plus souvent. Mais qu’importe, j’avais un objectif journalier. Au bout de 3 jours à peine j’ai dû me rendre à l’évidence: j’étais déjà à cours d’actions.
Comme la douloureuse impression d’avoir été catapultée dans le film Un jour sans fin .
Les jours se succèdent et se ressemblent inlassablement:
1. Je me lève toujours trop tard,
2. Réseaux sociaux,
3. 16h !!! Je me rends compte que je n’ai mis aucun aliment dans ma bouche et que je ne me suis toujours pas douchée,
4. 18h. Je suis enfin propre et habillée en faisant l’impasse avec tout ce qui ressemble de près ou de loin à un soutien-gorge ou tout autre vêtement qui pourrait entraver mes postures de glande.
Le mot d’ordre c’est CONFORTABLE! Je suis à deux doigts d’aller faire mes courses en leggings et si ça continue comme ça je vais être capable de commander des ballerines sur AliExpress.
5. C’est approximativement vêtue et rassasiée que je retourne dans mon canapé pour élaborer mon planning du lendemain où j’ai des rêves de grandeur.
J’imagine alors un levé aux aurores, je commencerai par une séance de sport détox, suivi d’un petit plat aussi bon que beau parfait à instagramer. Je déciderai ensuite d’écrire de nombreux articles plus pertinents les uns que les autres, de reproduire des tutos maquillage pompés sur YouTube.

Oui c’est décidé demain je vais m’approprier l’adage : l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt!
Et le lendemain force est de constater que je n’ai vraisemblablement pas d’avenir. Aucun. Rien ne se profil à l’horizon.
Je me suis encore réveillée trop tard pour entendre le coq chanter, et avec le recul je me demande si lui aussi n’est pas lassé de tous ces matins identiques aux autres. Lassé comme tous ces gens qui ont cessés d’applaudir à leur fenêtre à 20h pétantes. Et oui, pour tout ceux qui se posent la question, quelqu’un autour de chez moi a bien un coq dans son jardin!
A quoi bon de toute façon ?
Depuis que Macron nous a alourdi notre peine, je ne vois pas la fin. On a écopé d’1 mois incompressible. Quel est l’intérêt d’adopter une bonne conduite si elle n’est pas gage d’une libération certaine?

Certes nous n’avons pas pris pour perpète mais j’ai entendu dire que si jamais il trouvait d’autres éléments à charge, l’enfermement serait prolongé! Supposition.
Le mieux est encore de relativiser. Cette histoire du verre à moitié plein. Plein de gratitude.
J’évolue dans une prison aux barreaux dorés. Possibilité de sorties, aucune visite il est vrai mais la cantine n’est pas dégueu.
Mon compagnon de cellule est plutôt cool dans ses bons jours vu que c’est moi!
Moi que j’essaye d’apprivoiser tous les jours un peu plus. On fait connaissance. Je la taille sur sa coupe de cheveux laissé à l’abandon, je lui donne de la force quand elle se sent un peu molle, un peu faible ou un peu seule.
On se marre bien quand même.
On fait des projets pour quand on sera libéré délivré.
On prie pour que tous nos proches restent en bonne santé.
On fait le ménage. Souvent. On a même nettoyé les fenêtres, si bien qu’un jour de désespoir j’ai failli faire le grand saut alors qu’elles étaient fermées. Trop propres.
On fait du tri aussi. Beaucoup de tri. Du tri de tout. Du tri de tous. On détruit les détritus. Des vêtements passés de mode et ceux dans lesquels on sait pertinemment qu’on ne rentrera plus jamais, on tri. Les photos, on jette. Idem pour les choses qu’on ne veut plus avoir dans nos vies. Celles qui nous bloquent, nous retardent ou nous font se sentir nulles.
Et puis vraiment quand c’est trop dur, qu’un verre de vin ne suffit pas et que la bouteille s’est finie trop vite, on use et on abuse des visios pour lire dans les yeux de nos proches à quel point ils nous aiment et qu’on leur manque.

Aubergine Pourrie à l’Asiatique

Salut mes petites Beautés Acides,

Certains m’ont demandés de partager mes recettes de cuisine.

Bien que j’ai trouvé l’idée très alléchante, comme toujours, j’ai remis l’exercice à plus tard.
Et puis un beau jour, le président de la République nous a donné du temps. Disons plutôt qu’il nous l’a ordonné. Contraints et forcés à prendre du temps sous peine d’une amande allant de 135 à 1500€ en plus d’attraper le « Covid-19 » mais ça ce n’est qu’un léger détail.

Pour faire face au confinement, j’ai fait comme tout le monde, je suis allée faire le pleins de courses.
J’ai rempli mon caddie de manière très raisonnable.
Je n’ai pas cédé à la tentation des pâtes, de sauce tomate, d’huile ou du fameux PQ. Ce n’est pas parce que l’on va être confiné pour 15 jours minimum qu’il ne faut pas se faire plaisir et arrêter de cuisiner.
Bien au contraire. C’est même justement le moment de tester de nouvelles recettes, tenter de nouvelles choses sans avoir la crainte du ratage complet parce que le seul invité que j’aurai à ma table les jours à venir et bien ce sera moi!

Mais voilà, depuis une semaine, rien n’a vraiment bougé. Ni moi, ni mes provisions. Le frigo est plein et bizarrement mon estomac l’est tout autant. Pas d’appétit, ou si peu. Par contre j’ai une capacité impressionnante à ingurgiter tous les jours des séries sur Netflix , des films sur Canal Plus devenu gratuit tout en boulottant des Milka Daim.
Je ne culpabilise pas le moins du monde mais je me dis que ce n’est pas très raisonnable. L’hypothèse de la future prise de poids ne me pose aucun problème dans la mesure où ma nouvelle tenue préférée est le leggings associé au maxi t-shirt. Par contre la peau terne et le manque de sommeil que j’associe à mon régime sucre me plaisent beaucoup moins.
Il était grand temps d’ouvrir le frigo à la recherche de légumes et d’aliments plus sains.

Je constate avec stupeur que beaucoup font la gueule d’avoir attendu un peu de considération de ma part et se sont ratatinés dans leur bacs.
C’est bon les mecs, faites pas la tête je vais vous cuisiner aux petits oignons!
Au menu du jour, ce sera donc le légume le plus pourri du frigidaire j’ai nommé: l’aubergine.
Je vais la cuisiner à l’asiatique et n’y voyez aucun rapport avec les événements actuels…

RECETTE:

Ingrédients (pour 2 personnes, n’hésitez pas à doubler les doses pour un confinement plus important):

1 Aubergine pourrie
1 Courgette
Fécule de pomme de terre
Huile de friture
Pour la sauce:
1 Gousse d’ail hachée
2 pincées de gingembre en poudre (à défaut d’en avoir du frais)
2 pincées de piment (pour les palais avertis)
2 c à soupe d’huile de sésame
2 c à café de sucre roux
10 cl de sauce soja (attention très salée)
4 c à soupe de mirin (vin de riz sucré = saké doux)
1 c à café de fécule de pomme de terre délayée dans 5 cl d’eau
1 c à café de graine de sésame
Accompagnement:
Riz

Si vous n’avez pas tous les ingrédients, vous les trouverez facilement en grande surface au moment de faire le plein.
N’oubliez pas votre attestation par contre, 135€ ça fait chère la recette!

Étape 1 :

  1. Après avoir lavé les légumes, coupez-les en rondelles.
  2. Passez les rapidement sous l’eau et épongez-les avec un essuie-tout (si vous avez la blinde de PQ, c’est le moment de s’en servir hein).

Étape 2 :

  1. Prenez un sac de congélation et mettez-y la fécule de pomme de terre.
  2. Jetez les légumes coupés dans le sac et secouez.
  3. Faites frire les légumes dans une casserole d’huile sans vous brûler!
  4. Réservez dans du papier absorbant.

Étape 3 :

    1. Dans un wok, faites revenir l’ail, les épices et l’huile.
    2. Ajoutez le sucre en poudre puis la sauce soja. J’ai bien fait exprès de ne pas rajouter de sel, la sauce l’est beaucoup trop!
    3. Enfin rajoutez la fécule de pomme de terre délayée dans l’eau afin d’épaissir la sauce.
    4. Remuez à feux doux.
    5. Remettez les légumes dans le wok et mélangez délicatement pour les recouvrir complètement de sauce.
    6.  Parsemez de graines de sésame.
    7. Si vous avez des herbes fraîches encore en état (coriandre ou persil) contrairement à moi, vous pouvez les ciselez au dessus.

Servir bien chaud avec une assiette de riz.

Bon ap’, vous m’en direz des nouvelles!

 

 

 

Confinement – Jour 3

Je ne vous apprends rien en vous disant aujourd’hui que la France commence à céder à la panique la plus totale!
La faute à Covid-19 !
Au départ chacun d’entre nous prenait ça un peu à la rigolade. Ce n’était rien de plus qu’un mauvais rhume que les plus malchanceux pouvait attraper.
Une mascarade. Du pipi de chat.

Aujourd’hui c’est 7 732 personnes infectées et 175 personnes décédées dans l’hexagone et ça c’est pour ce que l’on veut bien nous dire.

Et avec cette hécatombe, les gens sont passés de l’indifférence complète à un degrés de panique tel qu’ils en arrivent à commettre des actes complètement déraisonnés.
Déraisonnables.
Vider les rayons d’huile, de pâtes et de papier toilette. De papier toilette ? Franchement? Mais pourquoi? Quel est le projet?
Donc c’est de ça dont l’Homme a foncièrement peur en cas de fin du Monde? Devoir aller se prendre une bonne douche pour se laver le cul s’il venait à manquer de Lotus?
Nan nan nan et nan!
Sans vouloir faire un article racoleur et flippant comme on en a vu passer des centaines ces derniers jours, j’ai juste envie de partager avec vous mes petites humeurs quotidiennes. Et moi ce qui me fait réellement flipper, ce n’est pas ce virus mais bel et bien l’Homme lui même et son non sens.
C’est l’Homme lui même dans son individualité qui brille de mille feu par son manque de civisme et de solidarité.

 

 

Extatique je regarde tout cela du haut de mon  mètre 65.
Au départ j’étais littéralement amusée. Excitée même.
J’avais l’impression de vivre un truc de fou et irréaliste. Un truc que je raconterai à mes enfants avant qu’ils aillent se coucher. A l’heure de l’histoire et juste avant de les border je leur raconterai fièrement que certes leurs ancêtres avaient subit l’esclavage, que oui leurs arrière-grands parents avaient bravé la guerre et que moi leur mère avait survécu au Coronavirus, la plus grande pandémie du siècle.
J’avais l’impression d’être un des personnages principaux de « The Walking Dead » et qu’il fallait que j’organise ma survie et celle de mes proches. Après tout, ne m’a t’on pas dit à plusieurs reprises que je ressemblais à Michonne? Je n’en suis toujours pas plus convaincue aujourd’hui, mais j’avoue que manier le katana comme elle le fait ne me déplairait pas en ces temps de crise!
Tu touches à mon PQ je te coupe la tête!

 

 

Mais plus les jours passent, plus la liste de morts se rallongent. Et tout d’un coup les choses deviennent bien plus réalistes.
Beaucoup on créé des groupes de résistance et vont pique-niquer sous le soleil naissant des Buttes Chaumont.
Mais pourquoi le français se croit-il si intelligent? Au dessus des lois et plus malins que n’importe qui?
J’appelle cela de l’insolence bien plus que de l’inconscience.
Avec ce genre de comportements, j’en viens même à me demander si au final j’aurai la chance et l’occasion d’avoir des enfants pour leur raconter cette triste épisode. Leur dire comment le lundi 16 mars 2020 à 20h nous étions 67 millions de français pendus aux lèvres du Président Macron. L’écoutant religieusement nous annoncer que nous étions en guerre et condamnés au confinement pour 15 jours minimum.

Une réelle punition pour certain. Une bénédiction pour d’autre. Rien de bien révolutionnaire pour moi. Parce que la solitude et le repli j’ai l’habitude. Rester chez moi à me promettre que dès le lendemain je ferais telle et telle chose alors qu’au final je n’aurai réussi qu’à prendre une douche, je suis experte en la matière.
Cette annonce ne change strictement rien à mon quotidien, j’ai juste une excuse toute trouvée pour m’adonner à ma passion préférée: la procrastination.
Mon démon.
Peut-être que c’est certainement ce fléau qui aura raison de moi finalement.
Alors, en attendant je vais acheter du PQ comme tout le monde; tout en profitant une dernière fois des tous premiers rayons de soleil avant de me confiner chez moi pour une durée réellement indéterminée.
Bon courage à tous et à très vite.

 


Bonnet Carhartt
Solaires Massada
Veste Levi’s
Sweat Zara
Robe Vintage
Sac Zara
Basket Converse
Papier Toilette Carrefour (y avait plus de Lotus)

 

Jesus is King

Je galère depuis plusieurs jours à écrire un article.
Peut-être parce que c’est sur la religion et que c’est un thème délicat. Surtout en ce moment avec le sujet épineux du port du voile, de l’islam, de la laïcité, tous ces raccourcis inappropriés avec le terrorisme, n’importe qui donnant son avis sur ce qu’il ne connaît pas…
Je pensais avoir une révélation mais je rame, je rame. Je rame!
La Toussaint n’aura rien arrangé à mes affaires, au contraire elle m’a encore plus mis la pression! Vous savez ce que c’est vous la Toussaint à part une occasion de poser un weekend de 3 jours? Avant ça, je ne savais pas vraiment non plu. Eh bien c’est une fête religieuse catholique qui célèbre tous les Saints confondus. Connus ou méconnus. Moi ma préférée c’est Sainte Bernadette Soubirous . Sûrement parce qu’elle a le prénom de ma maman, alors naïvement j’ai cru que je serai touchée par l’inspiration divine. Grand Dieu non! En plus je ne sais même pas si on a le droit de préférer un Saint plutôt qu’un autre.
Mais très honnêtement, moi je n’y connais pas grand chose à tout ça. A la religion, aux religions. Au catholicisme, au christianisme, au judaïsme, au bouddhisme, à l’islam, ni même au vaudou contrairement à ce que certains pourraient penser!
Loin d’être une vulgaire impie qui se moque de toutes ces croyances, j’ai plutôt toujours été attiré.
Attiré par les phrases ponctuées d’injonctions bibliques! J’ai toujours pensé que ça apportait une certaine théâtralité à une phrase banale et que ça rendait les menaces bien plus flippantes. « Dieu te voit », « Dieu m’en est témoin », « tout se paye ici bas », « si Dieu veut », « Dieu te le rendra » etc., etc…
Attirée par les objets aussi. L’esthétique. Les représentations de dieux sur les tissus, sur les bijoux, les bibelots en porcelaine, les eaux bénites dans les bouteilles en plastiques à l’effigie de Jésus, les chapelets… Un peu kitsch, poussiéreux sur les tables des tantines mais pleins d’histoires. Des histoires que j’ai envie de connaître pour m’en faire ma propre opinion.
Alors je suis allée à l’église. Au Bénin. Il a fallu que je change de continent pour m’y intéresser un peu plus. Pour ressentir le besoin de comprendre, de me purifier l’âme et l’esprit. Pour tenter de devenir une croyante irréprochable et assidue.
Du coup Dieu ça lui a fait tellement bizarre de me voir sur ses bancs qu’il en a plu.
Beaucoup.
Longtemps.
Avais-je déclenché la colère des Dieux? L’ire du Tout Puissant? Ou le rire de ses apôtres? Orage, tonnerre, ils ont fait la totale pour mon baptême ! Mais je n’ai pas fait marche arrière. Bible sous le manteaux, moi petite pécheresse qui se cherchait encore un peu ne s’est pas débinée.Lire la suite »

Virus bénin

bénin, bénigne
adjectif, latin beningus, bienveillant
1. Bienveillant. Qui n’impose aucune souffrance, qui ne présente aucun caractère de rigueur, de dureté. Un sourire bénin.
Synonymes: doux, indulgent, bon, aimable.
2. Inoffensif. Qualifie une maladie qui évolue de façon simple et sans conséquence grave vers la guérison. Un cancer bénin.
Synonymes: léger, anodin, superficiel.

Bénin, c’est aussi le nom d’un pays. Celui de mes parents. Celui de mes racines. Celui que j’ai boudé pendant près de 22 ans. Par rébellion. Par curiosité. Par goût de l’aventure.
Par déception en vrai. Par désillusion aussi. Parce que petite, j’ai cru que ce pays ne voulait pas de moi pour la seule raison qu’il ne me comprenait pas. Mais plus tard je réaliserai que c’était moi qui n’avais pas encore compris.
Pour l’heure, je m’étais convaincue que je voulais découvrir le monde. Je trouvais bien triste et tellement ennuyant tous ces gens qui retournaient inlassablement au même endroit à toutes les vacances qu’on leur accordait.
Non, moi, je me targuais d’avoir une ouverture d’esprit sans limites. Je voulais voyager, embrasser différentes cultures, cumuler les tampons et les visas sur mon passeport, cocher sur un globe tous les pays que j’aurai foulé.
Oui, je voulais être la nouvelle Indiana Jones!
Depuis, j’ai visité quelques pays avec leur lots de surprises, de découvertes, de rencontres, d’émerveillements. Mais aussi de contrariétés peut-être culturelles. Je pensais naïvement qu’ils allaient tous tendre les bras à la différence, à ma différence. Mais beaucoup me les auront fermés.
Je pense à Marrakech où pour m’inviter à rentrer dans leurs échoppes de contrefaçons les vendeurs n’avaient rien trouvé d’autre que de m’appeler tantôt la « kahloucha », « la rasta », « l’Africaine », « la sénégalaise » et j’en passe. Pas bien méchant certains diront. En République Dominicaine j’étais la « negrita » et quelques uns allaient jusqu’à refuser me vendre leurs crêpes confectionnées sur les bords de mer. Il y a eu aussi la Pologne malgré son Histoire chargée, ne faisait pas preuve pour autant d’une grande tolérance. En Chine cette fois, on m’accueillit plus chaleureusement à la condition que j’accepte qu’on me touche du bout de leurs doigts et que je pose fièrement devant leur objectif comme si j’étais la réincarnation de la vénus hottentote. J’étais devenue encore plus touristique que la Grande Muraille. Et il y avait la France bien évidemment. Ma France qui n’était pas en reste et qui me brutalisait sournoisement bien plus que les autres.Lire la suite »

Bonjour Bonheur

Hier soir j’ai eu un date! Un rendez-vous si vous préférez! Youhou !
Ça faisait tellement longtemps que ça ne m’était pas arrivé ! J’avais presque oublié l’effet que ça faisait !
Tout ce processus…
La rencontre.
L’attente fébrile devant le téléphone. « Sonne téléphone, sonne »!
Et puis on se demande si le crush se concrétisera avec le temps. Bon, au vu des différents messages, il me plaîsait toujours autant et visiblement il avait à cœur de me séduire.
J’étais pressée de le voir. De le revoir.
Puis le texto tant désiré. La notif qui clignote, la confirmation de notre prochain rdv.
Yes!
Enfin!
J’avais prévu une petite journée de ravalement « pré tête à tête » dont seul les femmes en ont le secret.
Masque capillaire aux huiles essentielles, shampooing détoxifiant, bigoudis pour des locks brillantes et bouclées, soin du visage pour une peau souple et douce à caresser, un gommage aux lèvres pour avoir un sourire juvénile à croquer, des ongles manucurés pour de jolies mains affûtées qui applaudiront toute la soirée son sens de l’humour piquant. Il avait bien compris le dicton et s’employait à me faire rire dès qu’il le pouvait. J’avais prévu d’arriver un peu avant lui et de me commander un verre de vin pour me détendre et me donner des airs de grandes dames qui s’assument.
Mais forcément , rien ne s’est passé comme je l’avais prévu.
Merci la flemme et le « je ferai ça plus tard » parce que le plus tard bien souvent c’est toujours trop tard. Alors c’est sur des cheveux sales et rempli de sel de mer que j’ai entrepris de faire des boucles et c’est sur une peau fatiguée et bronzée que j’ai étalé une poudre deux tons trop claire. J’ai mis une chemise parfaitement repassée à l’aide de mes mains fraîchement vernies ça a donné des ongles à trous et une chemise zébrée à 3 couleurs.
Trop tard pour que je me change j’étais déjà bien à la bourre.
Et il m’avait bien fait comprendre que c’était ce soir ou jamais.
Pas le temps non plus pour mon petit blanc fruité légèrement sucré en terrasse, à la place j’arrivais dégoulinante et haletante.
J’avais l’air d’une folle hirsute et hystérique.
Il m’avait donné rdv dans un petit boui-boui sombre à République. Je connaissais ce lieu. Je passais souvent devant sans vraiment y prêter attention. Ce soir, il y avait une queue monstre. Je n’avais pas compris que cet endroit était si select. Je poussais la porte et fut surprise par l’endroit.
Très sombre. Lumière bleutée. Un mec tout sourire vient à ma rencontre , prends mon nom et m’amène directement à ma chaise. Jamais je n’avais vu pareil accueil. Il y avait du monde et je me demandais comment nous allions réussir à nous entendre. Un brouhaha monstre et j’avais envie de boire ses paroles. Toutes. De n’en perdre aucunes miettes. Parce que oui j’avais bien l’intention d’être séduite et qu’il réponde à toutes mes attentes.Lire la suite »

Plus 1

Hier j’étais invitée à un mariage.
Enfin… je n’étais pas vraiment « invitée-invitée ». Je n’ai pas reçu de faire part à mon nom, j’étais plus une accompagnatrice, une cavalière autrement dit une roue de secours.
Ça vous ai déjà arrivé à vous de n’être qu’un +1 sur un carton d’invitation? Vous êtes là mais sans vraiment être là pour les organisateurs et encore moins pour les mariés. Sorte d’invité interchangeable, que vous soyez là à la place d’un autre c’est plus ou moins pareil.
Mais qu’importe vu que vous y êtes, nulle autre choix que de se prêter au jeu pendant toute la journée!
Les félicitations d’usage alors que le marié n’a aucune idée de qui vous pouvez être, le jeu de la séance photo et on rigole déjà en imaginant leur têtes à la découverte de leur album de mariage. Ils pointeront leurs doigts sur votre tête inconnue en disant: « mais c’était qui celle en fait? Qui l’a invité ? »
J’ai l’impression d’être une pique assiette, d’être une illégitime.
Jeter du riz à la gueule des amoureux alors qu’ils ne m’ont rien fait, les féliciter pour avoir franchi le cap comme si je connaissais quelque-chose à leur histoire.
Sourire, rire et porter un toast à leur vin d’honneur, leur prodiguer des conseils et leur souhaiter une longue vie et bonheur à deux comme si j’y connaissais quelque chose à l’Amour.
Évincer les autres célibataires en me jetant sur le bouquet lors du fameux lancé tant attendu. Me goinfrer de l’entrée jusqu’à la pièce montée comme ci j’étais prévu dès le départ sur le plan de table.
Je ne suis pas très mariage à la base. Je n’y crois pas. Ça ne me fait pas rêver. Mais il n’empêche qu’il est impossible de passer au travers la sempiternelle question existentielle : Qu’est-ce que je vais me mettre???
Dans la mesure où je ne reverrais sans doute jamais les mariés autant recycler une pièce de mon placard qu’ils n’ont de toute façon jamais vu?
Oui mais comme je vais photobomber leur album de mariage, me gaver et sans doute tout critiquer, ne devrais-je pas leur montrer un peu de respect et de reconnaissance ainsi qu’à celui qui aura eu la « gentillesse » de me rajouter sur la liste?
Sans doute n’est-ce juste une excuse pour grossir les rangs de mon dressing mais je cède à la tentation, je m’achète une robe! Ce n’est pas moi la mariée mais ce n’est pas une raison pour passer inaperçue et à ce qu’il paraît les mariages sont un lieu de rencontres alors autant mettre toutes les chances de mon côté.Lire la suite »