Canicule

Y a peu c’était encore la canicule.
Pas moins de 36° à l’ombre.
Tout le monde se plaint. Pas moi.
Certes j’ai chaud, je me traîne, je n’ai goût à rien à part à la Ben&Jerry’s.
Je suis lasse, je suis lourde, mon corps à l’air de peser le double de son poids mais je suis heureuse. Un sentiment indéfinissable m’envahit.
23h28.
Nuit chaude et suffocante. Je joue à cache-cache avec Sommeil. Et je crois qu’Insomnie va remporter la partie.
Je cherche désespérément une position soutenable pour passer la nuit. En culotte et sans couette moi qui d’habitude adore être emmitouflée dans les draps. J’ai déjà visité six fois tous les recoins de mon lit mais aucun ne trouve grâce à mes yeux. Et comme si je venais de finir une partie de sexe éreintante, je m’allonge à bout de souffle sur le dos et me retrouve nez à nez avec mon Velux. Nez à nez avec ce ciel noir et les quelques étoiles qui y scintillent.
J’en reconnais une. Juste une. C’était la même qui brillait au dessus de mes 13 ans. Beaucoup se sont éteintes entre temps comme beaucoup de mes rêves. Mais je la reconnais celle-ci.
Mes copines-voisines et moi pouvions rester allongées des heures sur la pelouse fraîchement tondue par ma sœur. À observer cette vaste étendue sombre et bleutée et à imaginer la vie que l’on mènerait un jour. Plus tard. Quand on sera grande.
Désillusion.
La pollution m’a tout pris.

On s’imaginait chercheuse d’or, chercheuse d’amour ou de pollen.
On voulait guérir les maladies, recoudre des cœurs et stabiloter toutes les maisons en rose, jaune et vert fluo.
On se rêvait maire de la ville pour voter la mise en place des décorations de Noël pour toute l’année durant.
On voulait être juge pour forcer nos parents à rester mariés.
On voulait travailler dans l’éducation pour ouvrir la matière Barbie et Playmobil coeff 5 au BAC.
On voulait être scientifique pour éradiquer les allergies contre les poils de chat, on voulait inventer un sérum de vérité à la rose fait avec les pétales de ma maman pour que les adultes arrêtent de mentir aux enfants.
On voulait la grâce de Nadia Comaneci, la force et le courage de Surya Bonaly, on voulait être Jeanne et rencontrer notre Serge. On voulait être Lucile Amour et Rock n’Roll. On voulait être Dirty Dancing et ne pas être laissée dans un coin.
On voulait être « Sauvez par le Gong », et trainer dans les couloirs avec Zack, Lisa et Slater.
Je voulais que mes seins poussent plus vite. Ou du moins qu’ils poussent tout court.
On voulait être marchande de sable et de Mr Freeze.
On voulait faire le tour du monde en rollers, être aussi Fresh que le Prince et dormir avec nos cyclistes.
On voulait devenir très tôt des mamans pour aller faire les courses et remplir nos caddies de beurre, Nutella, de glace et de Granola.
On voulait la permission de minuit même si on s’endormait toujours avant 22h.
On voulait grandir beaucoup trop vite et rester le plus longtemps possible des enfants.
On voulait rester là toute la vie, feignant de ne pas entendre nos mères nous appeler parce qu’il était temps pour chacune de rentrer et d’aller nous coucher.
Et là ce soir cette canicule , véritable madeleine de Proust m’enivre comme peut peuvent le supporter.
Pas envie d’aller me coucher.
Personne pour me rappeler à l’ordre et interrompre mes songes éveillés. Envie de rêvasser et d’imaginer encore et encore la suite.
Parce que cette nuit est jolie et étoilée de souvenirs, parce que cette nuit promet d’être longue alors autant qu’elle soit blanche. Je regarde mon étoile briller. Je ne sais pas ce qu’elle m’indique, je ne sais pas tellement ce que j’aimerai faire ni ou j’aimerai être demain. Mais au fond, je crois que rien n’a vraiment d’importance du moment où j’ai la chance de la voir tous les soirs avant d’aller me coucher.

Lunettes Tom Ford
Boucles d’oreille Lovisa
Top Zara
Brassière Bershka
Montre Casio
Banane Bershka
Pantalon Piqué à maman
Chaussures Converse

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Coup de fil à mon pire détracteur

Parce qu’il est impossible de faire l’unanimité.
J’ai décidé cette fois de mettre à l’honneur mon ennemi juré.
Celui qui, caché, tapi dans un coin est prêt à médire et me critiquer dès que l’occasion lui en est donné.
Aujourd’hui c’est à toi que je m’adresse.
Inutile de te nommer, je sais que tu me lis, je sais que tu m’écoutes et que tu épies chacun de mes gestes.

Longtemps tu t’es fait passer pour mon ami. Mon confident.
Toi qui au final n’as jamais eu confiance en moi.
Toi qui n’as fait que me rabaisser, m’obligeant à me tenir à distance des miroirs pour éviter de me confronter à mon propre reflet.
Tu as toujours pointé mes défauts en riant à gorge déployée.
Aujourd’hui, je vais t’appeler et j’espère que tu vas bien écouter parce que j’ai beaucoup de choses à te dire…


Tu m’as forcé à rire de moi même mais en prenant soin de cacher mes dents parce que tu avais jugé un jour qu’elles n’étaient pas assez régulières, pas suffisamment blanches et plutôt vilaines.
Mais qui es-tu toi au juste pour avoir décidé que je n’étais pas jolie?
Par rapport à quoi as-tu décrété que ma silhouette était disgracieuse et mes bras trop masculins? Que mes cheveux étaient trop pauvres et ma voix désespérément enfantine?
Tu t’es évertué toutes ces années à égratigner le capital estime qui m’avait été offert à la naissance. Beaucoup s’en sont chargés au court de ma vie, mais bizarrement tes attaques à toi m’ont davantage fait de mal. Les impacts de tes coups ont été bien plus douloureux et les blessures guérissaient forcément bien moins vite. Certaines ne se sont jamais refermées d’ailleurs.
J’ai beau chercher, mais au fond je n’ai toujours pas saisi le plaisir que tu en retirais. Te repaitre du Mal-Être des autres te ferait-il grandir?
Je t’en veux tellement.
Je t’en veux d’avoir eu une telle emprise sur moi.
Je t’en veux de m’avoir muselé pendant si longtemps.
Je t’en veux de m’avoir convaincu que je ne méritais pas mieux dans certaines situations ou qu’au contraire je l’avais bien cherché.
Tu m’as souvent regardé de haut, comme si j’étais une bonne à rien. Me faisant croire dès que la situation se présentait qu’il était inutile d’espérer quoique ce soit. Que de toute façon je n’y arriverai pas.
Tant de fois tu m’as coupé l’herbe sous le pied, m’encourageant dans la chute et l’abandon.
J’ai faillit renoncer à moi-même , c’est dire l’effet dévastateur que tu as sur moi.
J’ai faillit m’oublier.
J’ai faillit me désaimer tant tu m’as persuadé que j’étais une usurpatrice, que j’étais illégitime.
Petit être négatif, tu t’es fait des pool party dans mes larmes, tu as trinqué à ma tristesse en te réjouissant de ma solitude que tu as toi même causé.
Tu as dansé sur mes angoisses aux rythmes de mes déceptions.

J’espère que tu en as bien profité parce qu’à l’avenir je promets de ne pleurer que de joie et je sais déjà que ces larmes n’auront pas la même saveur pour toi.
Mon sourire longtemps de façade cachait la grimace que provoquait le combat intérieur que je menais pour te terrasser.
Parce que toi mon plus grand détracteur, toi mon plus grand ennemi, au final nous ne faisons qu’un.
Parce que toi en vérité…ça a toujours été moi, moi, moi et moi seule!!!
Parce que l’expression de nos maux à travers nos mots peut parfois être très violente et surtout terriblement injuste.
C’était un long chemin semé d’embûches que je sais ne pas être la seule à gravir.
Après des années. Après bien des épreuves, des conflits intérieurs, des peines, des chutes, des rechutes et des questionnements; on y arrive enfin….
L ‘acceptation de soi.

Chapeau Zara
Boucles d’oreilles Pimkie
Pull Zara
Robe Zara
Ceinture DIY
Bracelet J’m
Montre Casio
Sac Zara
Baskets Adidas Climacool

Fatty Girl

Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé, mais il il y a quelques mois je me suis prise une grosse claque!
Une très grosse.
On m’a giflé. Fort!
Comme si quelqu’un avait réuni tous les kilos que j’avais en trop dans un sac de jute et qu’il m’avait frappé le visage avec!
J’étais sonné.
A terre. K.O .
Molle et rassasiée. J’avais perdu le combat.
Le combat contre mon pantalon. Misère, je ne rentrais plus dedans.
Mon pantalon rouge putain ! C’était « The pantalon ».
Vous savez, celui qui vous donne un capital confiance proche du ciel dès que vous le mettez?
Comme une cape de super héros vous avez l’impression d’être quelqu’un d’autre. Que rien ne peut vous arriver. Vous faites semblant de ne pas comprendre pourquoi on ne vous regarde plus dans les yeux alors que vous même si c’était physiquement possible vous passeriez votre temps à vous mater le cucul!
On a tous une pièce comme ça dans son armoire. Une pièce fétiche qu’on enfile quand on ne sait pas quoi mettre et on sait d’avance qu’on sera au top. Celle que tout le monde nous envie, celle dont on est fier de dire faussement gênée :
– Ah oui ce pantalon? Oh, c’est une vieillerie que j’ai acheté y a suuuuuper longtemps dans une petite friperie! Ah ouais t’aime bien? C’est vrai? Trop gentil! Smiley content. Smiley qui danse.
Ne mentez pas, on est tous pareil!
Bon bah… en attendant ma vieillerie achetée à l’époque un peu trop grande est devenue bien trop petite.
Pour vous dire, je mettais une ceinture pour éviter qu’il ne baille de trop à la taille.
Et aujourd’hui, le drame intersidéral : c’est difficilement que je ferme le bouton.
C’est devenu limite un skinny. Les cuisses comprimées , la chatte meurtrie. Une patte de chameau arrogante. Mon pantalon chéri se moque de moi.
La réalité était en face de moi.
Suffit l’hypocrisie. Suffit de faire l’autruche et inutile de rejeter la faute sur les autres ; j’étais la seule fautive.
Pourquoi m’étais-je infligée autant de mal tous ces derniers mois ?
Je revois toutes ces après-midi et ces soirées où je boulottais en catimini devant « Les reines du Shopping » et « Beauty Match » de la glace arrosée de caramel. Je criais au scandale et au manque de goût évident des candidates tout en m’enfournant dans la bouche un mini sandwich baguette beurre demi-sel et chocolat blanc coco aux amandes caramélisées. Rien qu’un minuscule, il fallait bien que je garde de la place pour une petite barre de diabète et une cuillère de cholestérol pour arroser mon festin. Sorte de doudou réconfort pour aller mieux. Pour aller bien. Pour oublier que j’étais inactive. Seule à errer dans mon appartement. Pour ne pas trop cogiter sur une situation. Un état d’esprit pour lequel on n’y peut vraiment rien. Je mangeais jusqu’à écœurement pour combler le vide. Pour combler les journées et me donner l’impression qu’elles passaient plus vite. J’en oubliais presque cette notion de plaisir gustatif. Il fallait remplir cette panse béante pensante et en manque d’action.
Je me surprenais à envier la vie active des « Chasseurs d’appart’ » de Stéphane Plaza et là je me suis rendu compte que cet estomac insatiable pourrait être guéri juste avec un peu d’action autre que télévisuelle.
Il était temps de se remettre en selle, de mettre un pied dehors et de se réinventer. De multiplier les rendez-vous et les rencontres professionnelles.
Oui mais comment sans mon pantalon fatal ? Mon pantalon de la confiance ? Celui-là même qui venait de me trahir en m’envoyant en pleine face à quel point j’avais grossi.
Mais c’est remontée à bloc, tenace et de l’imagination à revendre ; que j’ai finalement trouvé la tenue parfaite pour camoufler ce gras qui m’entourait et m’emmitouflait. Bien caché. Bien aéré.
Et pour être honnête, rarement je ne m’étais trouvée si jolie.
Finalement je lui dis merci à ce fameux pantalon.
Certes j’ai douté un court instant de sa fidélité, mais j’ai eu raison de lui accorder toute ma confiance.
Il a été là pour me dire la vérité invisible aux yeux de mes proches. Cette vérité qui fait mal à la gueule et au cœur en même temps. Mais il a aussi été là pour m’aider à me relever et me surpasser. Et je sais qu’il va m’attendre sagement et sans me juger. Il va attendre le temps qu’il faudra pour que je me désolidarise de cet habitacle un peu trop grand qui n’est pas le mien.

B.O Parfois
Veste Yves Saint Laurent

Robe Monki
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Baskets Puma x Transformers

 


Crédit photo Christelle aka Kris photography, n’hésitez pas à cliquer et aller voir son travail.